Ça circule dans les nappes

 

Les nappes d’eau superficielles sont cruciales pour comprendre les flux de nitrates, de carbone et de phosphore.

 

Imaginez : par un beau jour d’automne, vous descendez un petit vallon herbeux, quand vous vous retrouvez brusquement les chaussures trempées, en train de patauger dans une terre gorgée d’eau. Votre première pensée est sans doute que l’eau a dû s’accumuler là lors de la dernière pluie, mais vous n’y êtes pas ! « Quand on parle de nappes phréatiques, la plupart des gens s’imaginent un puits à des dizaines de mètres de profondeur, note Chantal Gascuel, hydrologue à l’Inra de Rennes. En réalité, la nappe, c’est toute l’eau qui est dans un milieu poreux saturé. Elle peut être présente dès le premier mètre de sol, puis en profondeur, dans les altérites, et enfin dans les roches fissurées et fracturées. À l’automne, lorsque la pluie revient et que la température diminue, la nappe peut même affleurer à la surface du sol, en bas des versants. » L’équipe qu’elle dirige suit depuis 25 ans la composition chimique des nappes superficielles et des rivières au niveau de deux sites très instrumentés, l’un près de Pontivy, l’autre près de Quimper. La zone humide formée par la nappe est un lieu important de transformation des nutriments : « Grâce aux variations d’humidité et aux communautés microbiennes présentes, la concentration en nitrates y est faible, alors qu’elle peut être forte en haut du versant. »

 

Auteur : Espace des sciences
Type : Article d'information
Date de parution : septembre 2017
Lien : https://www.espace-sciences.org/sciences-ouest/354/dossier/ca-circule-dans-les-nappes