Les ouvrages de ralentissement dynamique et les dimensions à intégrer à leur conception

 

Le ralentissement dynamique reprend l'idée qu'une atténuation et un étalement de la pointe des crues de cours d'eau est possible en freinant les écoulements avant leur arrivée dans le lit du cours d'eau. L’enjeu est alors d’optimiser la gestion des volumes écoulés et l’intensité des pics de crues à l’échelle d’un bassin, en mobilisant les capacités d'amortissement offertes par les débordements des crues dans le lit majeur et en stockant temporairement une partie des volumes de crue dans des ouvrages spécifiques.

Sources :

 

> Le ralentissement dynamique pour la prévention des inondations – Guide des aménagements associant
 l'épandage des crues dans le lit majeur et leur écrêtement dans des petits ouvrages – Septembre 2004 – MEDD / Irstea

 

> Poulard, C. ; Chastan, B. ; Royet, P. ; Degoutte, G. ; Grelot, F. ; Erdlenbruch, K. ; Nedelec, Y. 2008,
"Prévention des inondations par ralentissement dynamique : principe et recommandations", Ingénieries E.A.T., numéro spécial 14
«La prévention des inondations. Aspects techniques et économiques des aménagements de ralentissement dynamique des crues » 

 

 

La mobilisation d’outils de modélisations hydrauliques et la création d’espaces de concertation pour identifier des scénarios d’aménagement de protection contre les crues – retour d’expérience

 

Diaporama ayant servi de base aux échanges : retour d’expérience du Sivalodet : étude de scénarios
d’aménagement de protection contre les crues de l’Odet et du Steir – Paul Cancel [> lien

Les crues sur le bassin versant de l’Odet sont liées aux débordements fluviaux, soumis à la marée et aux débordements des réseaux eaux usées et pluviales. La ville de Quimper (95% des enjeux en zones inondables) se situe à la confluence des trois cours d’eau : Steir, Odet et Jet.

Focus : le rôle des zones humides

 

« Il ressort d'un programme de recherche (Ty-fond) que l'efficacité du ralentissement dynamique en période de crue par les zones humides est très dépendante des conditions topographiques locales.
La question de l'utilisation de zones étendues pour l'expansion des crues est un problème difficile à contourner et dont les données sont complexes du fait du niveau de perméabilité des sols et du nombre d’infrastructures existantes. De plus les solutions adoptées doivent être cohérentes avec les critères liés aux paysages (plans de reconquête de la flore et de la faune), liés à la qualité de l'eau (limitation des nitrates et des pesticides dans l'eau). L'examen de l'emploi des zones humides ne doit pas perdre de vue ce qui peut se passer en aval ; par exemple, le ralentissement de l'Oust sans précaution pourrait faire que son pic de débit maximum serait concomitant à celui de la Vilaine au lieu de la précéder, augmentant le débit cumulé et la hauteur de crue. »

Source : Mission d'expertise – Annexe A, 2001. p. 85 – 86

Focus : la gestion des eaux pluviales dans les projets d’aménagement et dans le contexte urbain

 

Dans un contexte urbain l’action le plus en amont possible est également préconisée.

 

A noter l’existence de fiches techniques sur la gestion de l’eau pluviale par « techniques alternatives » et le guide méthodologique pour la gestion des eaux pluviales dans les projets d'aménagement réalisés par la DDTM 34 (Le tome 2 fournit des préconisations techniques sur les solutions à privilégier pour minimiser les incidences des projets d'aménagement, notamment dues à l'imperméabilisation (solutions compensatoires en assainissement pluvial).

 

Focus : les conséquences de la chenalisation sur la morphologie des cours d’eau et les crues et l’intérêt d’une restauration des écosystèmes pour l’écrêtement des crues

 

 

Source : Wasson J.G., Malavoi J.R., Maridet L., Souchon Y., Paulin L., 1998.
Impacts écologiques de la chenalisation des rivières, Cemagref éditions, Ministère de l'Environnement, 168 p.

 

Globalement, l'impact majeur et le plus fréquent de la chenalisation, est la mise en place d'une morphologie homogène, totalement opposée à celle, diversifiée, des cours d'eau naturels. L’homogénéisation des conditions d'écoulement conduit à l'aggravation des conditions physiques au cours des épisodes critiques du cycle hydrologique, que sont les crues et les étiages.

Focus : L’impact du drainage agricole sur les crues

Sources :

Cosandey C., Penven M-J., Muxart T., (2000) Rôle du drainage agricole enterré sur les écoulements annuels :

un exemple en région de grande culture (Brie),

Colloque FAO atelier Relations terre-eau dans les bassins ruraux 18 septembre-27 octobre 2000. Rome, Italie.

Meyer E., Wichereck S., Peulvast J-P, (2000), La gestion des rus en terres de grandes culture, au fil de l’eau et du temps,
exemple du bassin versant du ru de Senneville (bassin parisien), in L’eau de la cellule au paysage éd. Elsevier, pp 341-360 ;

Nedelec Y. (2005) Interactions en crue entre drainage souterrain et assainissement agricole, thèse de doctorat ENGREF, Paris, 449p.

 

Les effets du drainage sur le fonctionnement hydrologique des cours d’eau dépend de nombreux facteurs et doit être analysé a différentes échelles. Classiquement de nombreux travaux ont été faits à l’échelle de la parcelle drainée, les apports des drains étant mesurés en sortie de parcelle.

Focus : Lien entre pratiques culturales, érosion et ruissellement

 

Une soixantaine d’essais sur les pratiques culturales ont été conduits en Haute-Normandie pendant 10 ans qui mettent en évidence des marges de manœuvre réelles pour limiter les ruissellements et l’érosion à la parcelle sur l’ensemble des cultures régionales. La synthèse réalisée met en avant qu’un objectif de réduction de 50 % des ruissellements des événements pluvieux les plus courants (< 10 ans) est réalisable en moyenne.

 

Source : Synthèse des résultats de ruissellement et d’érosion - Maîtrise du ruissellement et de l’érosion des sols
en Haute-Normandie, 2012 - Chambres d’agriculture de la Seine-Maritime et de l’Eure et l’AREAS

Focus : Lien entre aménagement du territoire et phénomènes de crue

 

Source : Mission d'expertise – Annexe A, 2001. p. 76

 

Cet extrait du rapport de la mission d’expertise sur les crues de décembre 2000 et janvier 2001 en Bretagne apporte un éclairage complémentaire sur le lien entre aménagement et phénomènes de crue :

« A titre d'expert, on peut penser que l'influence de l'aménagement rural ou urbain est minime sur les crues de fréquence exceptionnelle. Cependant cet ordre de grandeur reste à évaluer, et notamment par rapport à chacune des grandeurs caractéristique de la crue (volume de la crue, pic de crue, temps de réponse).

 

Quel est l’impact des petits aménagements répartis sur le versant ?

 

L’efficacité de mesures plus légères, alternatives aux ouvrages de génie civil (telles que les haies, les terrasses, les zones d’expansion de crue…) ou cherchant à éviter ou compenser les effets de l’imperméabilisation est complexe à estimer. En effet, une approche par modélisation nécessite de prendre en compte des ouvrages et des processus très différents dans un même modèle et une approche de terrain questionne sur : quoi mesurer et où ?

Les difficultés de l’approche intégrée liées à la conciliation des objectifs, à la solidarité amont-aval et au temps nécessaire à la concertation


Source : échanges lors de la journée du 26 mai 2014

Le choix des mesures de contrôle de l’aléa questionne les échelles d’espace et de temps ainsi que les effets induits par ces aménagements

 

Diaporama ayant servi de base aux échanges : définir une stratégie de réduction des inondations -
Eléments de réflexion pour préparer la discussion. Christine Poulard et Hocine Hénine – 26 mai 2014 [> lien

 

Inondations : contrôle de l'aléa et culture du risque

 

Comité Scientifique et Technique du 26 mai 2014

 

 

 

Les objectifs de cette réunion :

 

Le thème des inondations couvre donc un champ et des disciplines très diverses qu'il n'est pas possible d'aborder au cours d'une seule journée. Ainsi, au travers d'exposés d'équipes scientifiques, de retours d'expériences de territoires et des débats qui en découleront, cette journée se focalisera :

> d'une part, sur la culture du risque inondations en lien avec la perception du risque inondation et la notion de solidarité amont-aval,

> d'autre part, sur les actions permettant le contrôle de l'aléa, à savoir le rôle que peuvent jouer les aménagements sur les bassins-versants pour réguler les flux d'eau en période de crue dans le contexte breton.

 

Cette journée visait à échanger sur les connaissances actuellement disponibles et à identifier les questions en suspend sur ces thématiques pour identifier d'éventuelles pistes de collaboration entre les acteurs des territoires et les acteurs scientifiques.