Le choix des mesures de contrôle de l’aléa questionne les échelles d’espace et de temps ainsi que les effets induits par ces aménagements

 

Diaporama ayant servi de base aux échanges : définir une stratégie de réduction des inondations -
Eléments de réflexion pour préparer la discussion. Christine Poulard et Hocine Hénine – 26 mai 2014 [> lien

 

Les échanges lors de la journée ont dans un premier temps porté sur les mesures de contrôle de l’aléa. Ces mesures structurelles sont à réfléchir à l'échelle du bassin versant en diversifiant les aménagements de protection, en intégrant les différentes échelles de temps (depuis les événements modestes jusqu’aux événements extrêmes) et en analysant les effets induits des différents aménagements envisagés. Ainsi la stratégie de gestion des inondations doit :

 

> intégrer l’ensemble des actions et aménagements mis en œuvre sur l’ensemble du bassin versant : recherche de stockages, de ralentissement, de gestion des ouvrages hydro agricoles, …

 

> évaluer l’efficacité des aménagements à l’échelle du régime des crues : sur certaines gammes de crue un écrêtement significatif est observé ; sur d’autres gammes de crue, l’effet sera nul car la capacité de stockage aura été atteinte. Une des difficultés réside dans l’intégration d’aménagements à l’échelle d’un bassin versant qui ont une visée locale (aménagement hydro-agricole, structures de paysage, morphologie des cours d’eau …). L’effet de l’ensemble des petits aménagements répartis est complexe à estimer finement à l’échelle du bassin versant d’autant plus quand les bassins sont hétérogènes et que la taille du bassin versant augmente. Cet effet va dépendre de l’intensité de la crue voire de sa répartition spatiale. Cependant si les modifications de paysage au sens large ont un effet significatif sur les crues modestes et sur les petits bassins versants, l’effet est beaucoup moins net sur les événements majeurs et il s’atténue vers l’aval [Poulard C., 2008].

 

> intégrer l’ensemble des conséquences de ces aménagements : sur les inondations, sur les autres composantes environnementales (biodiversité, continuité écologique, qualité de l’eau, érosion, …) mais également sur les autres composantes du territoire et les activités (agricoles, de loisir, prélèvement d’eau..),

 

> de s’accorder en amont sur les critères d’évaluation qui conditionnent l’identification des solutions les plus pertinentes. L’estimation du coût des dommages évités par des aménagements (Dommage Evités Moyens Annualisés - DEMA) en comparaison des coûts de la stratégie (investissement et entretien des aménagements) permet de conduire une analyse coûts-bénéfices (ACB). Cependant, cette ACB n’intègre pas tous les impacts : impacts environnementaux (comment évaluer les coûts environnementaux des ouvrages ?), principes d’équité, de faisabilité, de solidarité. L’analyse multi-critère (AMC) pourrait être un outil intéressant à mobiliser dans ce cadre ?