Les difficultés de l’approche intégrée liées à la conciliation des objectifs, à la solidarité amont-aval et au temps nécessaire à la concertation


Source : échanges lors de la journée du 26 mai 2014

 

Par ailleurs, lors des échanges, différents questionnements et difficultés sont apparus, parmi lesquelles :


> la conciliation des objectifs d’aménagement du territoire et de protection contre les inondations : réfléchir de manière globale et intégrée nécessite d’organiser un dialogue entre les différentes collectivités impliquées et une cohérence des différentes politiques d’aménagement. Ex : les actions du syndicat de bassin versant peuvent aller dans un sens d’amélioration du risque inondation alors que les communes poursuivent l’urbanisation en zone inondable.


> la conciliation des objectifs de protection contre les crues et de protection/restauration environnementale. Cette dimension rend nécessaire d’une part l'amélioration du lien entre la politique de l'eau et la politique de gestion des risques d'inondations [Remarque : la directive européenne relative à la gestion des inondations (2007) invite à tenir compte des objectifs environnementaux définis dans la DCE (2000)] et d’autre par le travail en inter interdisciplinarité (induisant une compréhension mutuelle des scientifiques des différentes disciplines).


> une approche néanmoins trop sectorisée (inondation) qui doit être complémentaire approche globale (environnementale) concernant le rôle du bocage et de la morphologie des cours d’eau. Si leur effet local est certain, ces aménagements ont un seuil d’efficacité limité : au-delà d’une période de retour proche de 10 ans, ils ne permettront pas de ralentir ou de contenir les flux d’eau. Cependant répartis sur les versants, ils présentent des intérêts divers non exclusivement en lien avec la problématique inondations, notamment en lien avec les pollutions diffuses, la biodiversité et les phénomènes érosifs.


> la notion de solidarité amont-aval qui est questionnée dans le cadre de la mise en œuvre d’une stratégie à l’échelle du bassin versant (les aménagements favorables à l'évacuation de l'eau en amont (ex : chenalisation) ont des conséquences en aval). Cependant, cette notion n’est pas simple à traiter car l’eau doit être stockée à un endroit, ainsi deux perceptions peuvent se confronter :

- celle des collectivités à l’aval qui se questionnent sur la manière d’impliquer et de sensibiliser les personnes localisées hors des zones à enjeux plus en amont sur le bassin versant,

- celle des collectivités et habitants localisés en amont et sollicités pour la mise en place d’aménagements de stockage temporaire pour limiter l’impact sur des communes localisées en aval qui se sont développées dans des zones inondables.


> la création d’espaces de concertation pour définir une stratégie à plus long terme qui nécessite du temps pour que les différents acteurs acceptent de se confronter ensemble au même problème. Ce temps n’est pas compressible au regard des enjeux : sommes d’argent, partage de l’espace lié au stockage de l’eau….


> les effets des aménagements sur la culture du risque : demander aux habitants et acteurs du territoire de développer une culture du risque inondation suppose que ce phénomène soit visible et présent dans l’espace et dans le temps. Ainsi, faire disparaitre l’ensemble des petits événements par le biais d’aménagements conduit à ce que les habitants et acteurs du territoire ne vivent plus que des crues exceptionnelles, très dommageables et rares. Cette faible périodicité et l’intensité de l’événement vécu rend le développement d’une culture du risque plus difficile.