Focus : L’impact du drainage agricole sur les crues

Sources :

Cosandey C., Penven M-J., Muxart T., (2000) Rôle du drainage agricole enterré sur les écoulements annuels :

un exemple en région de grande culture (Brie),

Colloque FAO atelier Relations terre-eau dans les bassins ruraux 18 septembre-27 octobre 2000. Rome, Italie.

Meyer E., Wichereck S., Peulvast J-P, (2000), La gestion des rus en terres de grandes culture, au fil de l’eau et du temps,
exemple du bassin versant du ru de Senneville (bassin parisien), in L’eau de la cellule au paysage éd. Elsevier, pp 341-360 ;

Nedelec Y. (2005) Interactions en crue entre drainage souterrain et assainissement agricole, thèse de doctorat ENGREF, Paris, 449p.

 

Les effets du drainage sur le fonctionnement hydrologique des cours d’eau dépend de nombreux facteurs et doit être analysé a différentes échelles. Classiquement de nombreux travaux ont été faits à l’échelle de la parcelle drainée, les apports des drains étant mesurés en sortie de parcelle.

 

 

A l’échelle de la parcelle, l’effet du drainage sur l’écoulement dépend alors de la période considérée (les drains sont actifs entre décembre et mars), de l’intensité de la pluie, du type de sol (drainant ou non) et des cheminements de l’eau sur la parcelle (zones de stockage en contrebas, talus…). En fonction de ces différents paramètres en période d’activité des drains ceux –ci vont soit retarder l’écoulement et l’étaler dans le temps (cas d’un sol peu perméable avec en situation non drainée le ruissellement important)) ou au contraire l’accélérer et légèrement l’augmenter (cas d’un sol drainant avec en situation non drainé un ruissellement faible) (cf. figure). Lorsque l’intensité de la pluie est très forte ou la saturation du sol est totale, les drains n’ont plus d’impact sur l’écoulement sur la parcelle.

 

 

Figure : Influence du drainage sur le débit de surface (drainage et ruissellement) en fonction des types de sol et de l’intensité de la pluie (Nedelec, 2005, p 20).

 

A l’échelle d’un bassin versant, l’analyse est plus complexe car elle va intégrer d’une part une diversité de situation des parcelles drainées (situation topographique, type de sol, cheminements naturels de l’eau..) et d’autre part le rôle des réseaux de collecteurs. Lors des premiers travaux hydrauliques systématisant le drainage (dans les années 70 et 80) les réseaux de collecteurs ont souvent été surdimensionnés pour permettre une évacuation optimale de l’eau en aval engendrant alors des écoulements beaucoup plus rapides à l’échelle de certains petits bassins versants. Aujourd’hui leur conception est plus variable et des secteurs de stockage d’eau peuvent être créés au sein de ce réseau.