Les ouvrages de ralentissement dynamique et les dimensions à intégrer à leur conception

 

Le ralentissement dynamique reprend l'idée qu'une atténuation et un étalement de la pointe des crues de cours d'eau est possible en freinant les écoulements avant leur arrivée dans le lit du cours d'eau. L’enjeu est alors d’optimiser la gestion des volumes écoulés et l’intensité des pics de crues à l’échelle d’un bassin, en mobilisant les capacités d'amortissement offertes par les débordements des crues dans le lit majeur et en stockant temporairement une partie des volumes de crue dans des ouvrages spécifiques.

Sources :

 

> Le ralentissement dynamique pour la prévention des inondations – Guide des aménagements associant
 l'épandage des crues dans le lit majeur et leur écrêtement dans des petits ouvrages – Septembre 2004 – MEDD / Irstea

 

> Poulard, C. ; Chastan, B. ; Royet, P. ; Degoutte, G. ; Grelot, F. ; Erdlenbruch, K. ; Nedelec, Y. 2008,
"Prévention des inondations par ralentissement dynamique : principe et recommandations", Ingénieries E.A.T., numéro spécial 14
«La prévention des inondations. Aspects techniques et économiques des aménagements de ralentissement dynamique des crues » 

 

 

 

Etude pour la création d’ouvrages sur le bassin versant de la Vilaine – Retour d’expérience

 

Diaporamas ayant servi de base aux échanges :

 

> Quelles perspectives sur le ralentissement dynamique pour l'écrêtement des crues sur le bassin de la Vilaine ?
Un cas concret: le bassin de la Chère en amont de Châteaubriant - Intervenante : Stéphanie Woimant – IAV 
[> lien]

 

> Quels volumes sont nécessaires pour quel objectif ? Quels effets d’aménagements dispersés sur le débit ?
Quelle gestion des ouvrages en avenir incertain ? 
[> lien]

 

Une étude conduite sur le bassin versant de la Vilaine a permis de comprendre les mécanismes de formation et de propagation des crues. Les sites de ralentissement des crues ont été identifiés sur 7 affluents prioritaires. Des tests itératifs ont été réalisés afin de trouver le meilleur rapport nombre de retenues/écrêtement obtenu au droit des zones à enjeux et le meilleur rapport coûts d’investissement/enjeux épargnés pour les crues de retour 20 ans.

 

Les aménagements imaginés permettent un bon écrêtement local mais un phénomène atténué sur les zones à enjeux situées plus en aval. Economiquement, les analyses coûts bénéfices montrent que le projet est non pertinent économiquement à l’échelle globale la Vilaine, hormis dans les zones où les enjeux sont situés en aval immédiat des ouvrages (Rennes et Montfort-sur-Meu). Les mêmes conclusions ont été observées dans d’autres bassins, par exemple celui de la Charente où des ouvrages de ralentissement de 0,1 à 2 millions de m3 n’ont finalement pas été mis en œuvre.

 

La création de tels ouvrages implique ainsi un certain nombre de questionnements préalables :

> Ces ouvrages sont d’autant plus efficaces qu’ils sont positionnés en amont immédiat des enjeux (secteurs locaux à protéger), leur impact sur l’écrêtement s’atténue en aval,

> Les aménagements sont optimisés pour une configuration de crue (c’est à dire en avenir connu en s’appuyant sur quelques scénarios de pluie). Il faut considérer que les calculs sont plutôt optimistes, l’incertitude sur l’avenir pouvant réduire très fortement l’efficacité des ouvrages

> L’efficacité des systèmes des ouvrages de ralentissement dynamique est liée au volume de stockage et au fait que ce volume soit restitué après le passage de la crue (retarder les écoulements) pour cela le temps de restitution de chaque ouvrage doit être supérieur au temps de réponse du bassin versant.

> Les retenues sèches sont efficaces pour des crues de période de retour donnée, pour les crues les plus graves ces ouvrages seront transparents et soumis au risque de rupture par surverse dans le cas d’évènements extrêmes.

> Il est nécessaire d’intégrer les conséquences à long terme de ces ouvrages : durée de vie des ouvrages, coûts d’entretien, vieillissement, réversibilité et coût de démantèlement, mise à jour des documents réglementaires, etc.

> Enfin, ces protections contre certaines crues moyennes vont participer à l’oubli de l’aléa par les personnes concernées.

 

 

 

Intégration de la dimension écologique dès la conception d’ouvrages de ralentissement

 

Diaporamas ayant servi de base aux échanges : Dans le cadre de la gestion intégrée des inondations, comment
(et pourquoi) intégrer des objectifs et des compétences différentes ? – Exemples co-conception – Christine Poulard et Hocine Hénine [> lien]

 

 

Dans le cadre de la conception des ouvrages de ralentissement leur impact notamment écologique est trop rarement analysé. Afin d’exploiter le potentiel intégratif du concept de ralentissement dynamique, une réflexion est conduite au sein de l’Irstea pour réfléchir de manière concertée entre les écologues (dont les objectifs sont de comprendre et préserver la diversité des structures écologiques, des fonctions et des processus) et les hydrologues (dont les objectifs sont de dimensionnement d’ouvrage de réduction de l’aléa).